Le Moulin Fondu


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Théâtre Group’ - « Comique »

D’abord qu’est ce qu’on entend par "humour formaté" ??
N’est-il pas justement prétentieux, de prétendre savoir rire ?
Et prétendre savoir faire rire ? A-t-on le droit de juger l’humour ?
En fait, le mot "formaté" existe depuis peu. On peut penser que ce sont ceux qui se pensent non formatés qui l’ont inventé. Mais peut-on, en fait, ne jamais se sentir formaté par quoi ou qui que ce soit ?
Peut-on être vraiment libre de penser neuf ?
L’être humain ne serait-il qu’un jouisseur, un consommateur, une machine désirante devenant ainsi facilement manipulable par d’autres humains ?
Un vrai sujet de philo pour le bac… Tout un programme.
Et quel est le rapport entre le rire et la culture de masse ?
Il semblerait qu’au lieu de réveiller le sens critique et le libre arbitre de chacun, l’humour de masse n’endorme et n’anesthésie, devenant ainsi un produit culturel imposé au même titre que n’importe quelle autre marchandise. L’inverse de ce que doit plutôt être l’humour : subversif.
On peut penser qu’une culture de masse, uniformisée, des sociétés modernes n’engendre en aucun cas une mentalité éclairée et indépendante, mais au contraire, la passivité intellectuelle. Et l’humour de masse ne devient plus une arme corrosive de réflexion, mais devient plutôt un outil de conservation de la médiocrité et de l’asservissement. Les humoristes deviennent alors les bouffons du pouvoir.
Notre besoin de créer un spectacle sur ce sujet et ses dérivés (l’esprit « showbiz », l’imitation, le théâtre de distraction,…) relève d’un besoin de parler de certaines formes de spectacles one man shows et autres « stand up » qui nous envahissent et peuvent tirer le spectateur vers le bas.
Il nous semble que l’angle d’attaque pourrait être celui d’une « soirée festival du rire » ou quelque chose d’approchant… un podium du rire itinérant par exemple.
On imagine des lieux tout terrain en intérieur ou en extérieur, un « podium » donc, une scène surélevée avec fonds de rideaux et pendrillons sur le côté. Forme ultra classique de scénographie.
Le côté "humour crochet" nous intéresse aussi, avec son cortège de déçus et de mis au rebut (émission de Laurent Ruquier…).
On a aussi envie de montrer l’envers du décor, la difficulté pour les artistes solo de percer, et de vivre libres néanmoins.
Le premier travail est de voir des spectacles d’humour de tous acabits (solo, stand up, one man show, sketchs, festivals d’humour,…) en live et en vidéo. De voir et d’observer tous les à côtés et arrières cours…
D’obtenir des rendez-vous avec les artistes… Il est toujours important de se frotter à la réalité, de rencontrer les vrais gens pour ne pas foncer tête baissée dans une idée fausse, un à priori trop facile.
On veut creuser l’aspect pathétique que peut révéler ce petit monde, la dure réalité et la solitude (peut-être ?) de ces coureurs de succès, et des ratés de l’humour. Et voir peut-être ce qui se cache derrière cette volonté de vouloir réussir dans le monde d’un showbiz impitoyable. L’économie du spectacle privé, non subventionné, ne permet pas les ratés et les flops commerciaux…

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© Chloë Lebert

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jeudi 30 janvier 2014


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