Les Rencontres d’Ici et d’Ailleurs


Éditions passées , Edition 2015 , Les temps forts

Les 3 coups d’ouverture des Rencontres

Samedi 16 mai, 15 h 30, place du moulin

Carte blanche à Kientega Pingdéwindé Gérard, dit KPG

Nous nous sommes tous retrouvés, place du Moulin Fondu, pour les 3 Coups d’ouverture des Rencontres d’Ici et d’Ailleurs qui se sont déroulés en présence de KPG venu tout spécialement de Ouagadougou pour nous raconter la véritable histoire de Noisy-le-Sec… !

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Photo : Xavier Cantat

Texte d’ouverture des Rencontres d’Ici et d’Ailleurs 2015
Ecrit par Jean-Raymond Jacob et interprété par Pascal Le Guennec

Mesdames, messieurs… chères concitoyennes, chers concitoyens… chères cousines, chers cousins,

Moi, monsieur Max, homme de cérémonie et du protocole du droit d’en rire, je suis heureux de vous souhaiter la bienvenue chez vous.

Nous voilà une fois de plus réunis au mois de mai afin de célébrer ensemble l’ouverture des Rencontres d’Ici et d’Ailleurs.

24 ans !

24 éditions pendant lesquelles nous avons pris l’immense plaisir de vous retrouver ici, au cœur du quartier de Merlan où nous avons grandi, afin de vous faire partager nos voyages nos rencontres et nos coups de foudre.

24 ans de complicité par tous les temps – au risque d’attraper une angine de poitrine – vous nous avez suivis, à en user vos chaussures et vos fonds de culottes, dans les rues, les boulevards ou encore sur les places de notre bonne vieille ville de Noisy-le-Sec.

Beaucoup s’interrogent sur la longévité de notre compagnie. Elle vient bien sûr de notre ténacité à bouleverser les codes du quotidien mais aussi de l’adhésion et du soutien que vous nous avez manifesté à chaque rendez-vous auquel nous vous avons convié.

Alors mesdames et messieurs, chères cousines, chers cousins, une fois n’est pas coutume et avant d’ouvrir solennellement cette 24ème édition – et puisque vous êtes un public de rêve – je vous demande de vous applaudir…

Chères cousines, chers cousins, l’heure est venue, et comme après l’heure ce n’est plus l’heure, il est temps de passer aux choses pas sérieuses.

Comme vous le savez… ou ne le savez pas !!... nous avons invité un cousin de la famille à venir frapper les trois coups de cette édition,
Il vient de très loin,
Il a bravé les vagues, le désert, les montagnes et les quatre saisons pour nous rejoindre aujourd’hui ici et pas ailleurs.

Afin de saluer son long voyage vers nous et de le recevoir comme il se doit, nous allons procéder à une petite répétition collective d’un accueil chaleureux, sincère et enthousiaste.
Pour cela, les voisins vont passer parmi vous pour vous remettre l’accessoire indispensable à la bonne réussite d’un accueil emprunt de spontanéité... le petit drapeau...
Musique !

Cousines, cousins ! Êtes-vous tous en possession de votre étendard aux couleurs du Burkina Faso ?
Eh bien dés à présent, nous allons hisser ce drapeau du pays des hommes intègres – Burkina Faso – et l’agiter ainsi au-dessus de nos têtes en criant « Ben nda samba ! Ney waongo ! » à pleine voix joyeuse sur un air de musique.

Attendez, cousines cousins… J’ai KPG qui tente de me joindre… Oui je t’entends, oui… oui...
Il me dit que son convoi est bien arrivé à Noisy-le-Sec, qu’il vient de passer la rue de Chanzy, qu’il se trouve actuellement dans la rue de merlan.
Eh bien, cousines, cousins, allons l’accueillir comme il se doit !

Cousines, cousins, hissez vos drapeaux et reprenons tous en chœur « Ben nda samba ! Ney waongo ! »

Les origines de Noisy-le-Sec selon Kientega Pingdéwindé Gérard dit KPG :

Nous, Walèmbéogo, mon éléphant, et moi, Kientega Pingdéwindé, ne pouvons prendre la parole sans vous souhaiter la bienvenue comme la coutume du village l’exige :
« Nos respects au maître suprême des mots « Goomdé », grand charlatan de la parole et manipulateur des formes d’éloquence du verbe ;
Nos respects aux patriarches des différents villages environnants et à tous les invités de marque d’ici et d’ailleurs ;
Nos respects à monsieur le maire, à Monsieur, le directeur du Festival, aux cousins et cousines ;
Nos salutations aux femmes, aux hommes, aux enfants et aux tanties du village ».

Le grand marabout guérisseur Gré Pakoudtalaga, communément appelé Gré, nous a appris à reconnaître notre ignorance, ce qui nous oriente vers les portes de la connaissance. Il nous a fait comprendre qu’un imbécile qui marche ira toujours plus loin que deux intellectuels assis.
C’est ainsi que nous avons été initiés aux mystères et à toutes les techniques d’introspection afin d’y puiser le remède aux différents problèmes rencontrés ici ou ailleurs.

Walèmbéogo et moi avons traversé le Sahel, le Sahara et le détroit de Gibraltar sans peur aucune.
Il est assez évident pour nous de braver les vagues, les marées, de résister aux différents vents (la Tramontane, l’Harmattan et le Mistral) pour arriver jusqu’à cette place, terre de nos ancêtres ;
Afin de partager avec vous, auguste auditoire, ce temps de fantaisies et de voyage dans l’imaginaire.
Ailleurs on dit que l’harmonie humaine est aussi mélodieuse que l’accord des cordes. Voilà le climat que nous souhaitons partager avec vous, vénérable assemblée.
Il est aussi normal qu’ensemble nous nous lancions sur les traces de l’histoire du village de Noisy-le-Sec et celles de nos ancêtres les Gaulois, qui, comme vous le savez tous – enfin, je l’espère ! – sont d’origine africaine. Ils ont vécu pendant des générations dans le Passoré, dans un village situé au cœur même de la savane, se sont déplacés dans la vallée du Nil puis ont traversé le détroit de Gibraltar jusqu’à Noisy-le-Sec où ils se sont installés définitivement.

(Chant « Nos ancêtres les Gaulois »)

Nous sommes très attachés aux ancêtres. Ils sont pour nous comme une oasis dans un désert où tout être peut étancher sa soif.
Comme dit Walèmbéogo : « l’éléphant meurt, mais ses défenses demeurent. »
Dans cette tradition orale, l’histoire des personnages mythiques est transmise de père en fils, de bouche à oreille, et de génération en génération. Aujourd’hui, mes souvenirs sont dirigés particulièrement vers l’histoire de notre village : Noisy-le-Sec, devenu cité.
NOISY vient de noix qui prend sa racine dans le latin Nucetum. Et en Gaulois africain, Noisy vient de « NOBANOBA KOUITIWEK » qui signifie « La noix des origines ».
Les Gaulois disaient : « Fo san pa mi fon sin dedin bang fo sin yi tin ». « Si tu ne sais où tu vas, sache au moins d’où tu viens »…

Pour l’anecdote, quand j’étais petit j’allais à l’école de Arbol yagandin kon yag wamdé. C’est là-bas que j’ai appris le Français. Chez moi il y a 60 langues et 6 dialectes. Mon père parlait trois langues. Il avait épousé trois femmes de trois ethnies différentes, Ça s’appelle la polygamie, c’est permis (Mais waï ! Ce n’est pas facile !).

Voilà pourquoi chez moi, en famille, on grandit tous avec ces trois langues. J’arrive donc à l’école pour apprendre une quatrième langue : le Français ! C’était tout naturel d’apprendre le Français car on nous racontait à l’époque que nos ancêtres étaient des Gaulois.

(Chant Nos ancêtres les Gaulois)

Un Gaulois est un vrai combattant qui sort toujours vainqueur. Il trouve des solutions à tout, quelle que soit la situation.
C’est un super héros du genre Superman ou Spider man ou Cafarman !!! (Si, si, je vous assure ! Il existe à Ouagadougou, chez moi, un cafard géant qui a plein de super pouvoirs !).

A l’école, on nous apprenait à être des bons Gaulois. On devait connaître toutes les dates de l’histoire de France. Le maître nous disait que c’était très important pour réussir dans la vie. Je les ai tellement récités que jusqu’aujourd’hui je suis incollable !

A l’école, notre directeur avait fabriqué un « Gaulé ». C’était un collier en crâne d’âne. (En fait, c’est une adaptation du bonnet d’âne utilisé en France. C’est parce que chez nous il faut trop chaud pour mettre des bonnets...).
Le gaulé était utilisé pour punir celui qui ne connaissait pas ses leçons. De façon générale celui qui ne se comportait pas comme un authentique descendant de Gaulois, devait porter autour de son cou ce lourd et répugnant « gaulé ».
Un jour, mon voisin Banga Boto s’est retrouvé à porter le gaulé à 9h à 11h, puis de 13h15 à 17 h. La tradition voulait que les autres élèves se moquent du porteur de « gaulé ». Bango Boto n’y a pas échappé et toute la journée il a essuyé des remarques comme :
« Mais dis donc, tu es bien gaulé aujourd’hui ! T’es pas du tout authentique ! ». L’expression a fait le tour de l’école, puis du village, puis du Sahel et a fini par arriver jusqu’ici… Comme on dit couramment : « Tous les chemins mènent à Rome » ou « toutes les expressions mènent à Noisy ! » Vous l’aurez compris, nous (Walèm et moi) venons de vous dévoiler l’origine de l’expression « être bien gaulé » qui vient donc de mon village.

Bon alors, et vous ? Vous êtes bien gaulés ? Etes-vous d’authentiques descendants de Gaulois ?

Bien ! Que vous rappellent ces dates historiques ?

* 1515 : Marignan
* 1939-45 : Deuxième guerre mondiale. (C’est aussi la date où mon grand-père est devenu un tirailleur sénégalais !)
* 10 décembre 1948 : Déclaration universelle des droits de l’homme
* Quel est le nom du chimiste noiséen qui a eu le prix Nobel de chimie en 1906 : Henri Moissan, le fameux ! Physico-chimiste, spécialiste des corps à haute température. C’est le premier chimiste qui a isolé le fluor.
* De qui vient cette célèbre phrase ? « Le peuple a faim, il n’y a plus de pain ? Qu’il mange de la brioche ! » Marie Antoinette !
* Quelle est la date de la Révolution française ? « 1789 »
* En quelle année la Haute-Volta devient Burkina Faso qui signifie Pays des hommes intègres ? « 1984 »
* Le 31 octobre 2014, une insurrection populaire oblige le président du Burkina Faso, élu démocratiquement depuis 27 ans, à démissionner. Vrai ou Faux ?

J’ai l’impression que beaucoup d’entre vous ont perdu leur statut de bon Gaulois... Il va falloir réviser, les gars, sinon je vais aller voir Najat pour lui proposer la réintroduction du gaulé à l’école publique !

(Chant Nos ancêtres les Gaulois)

Revenons à nos moutons… Ou enfin, à Noisy :
À mon arrivée avec Walèmbéogo, nous avons fait le tour du village, nous avons constaté un changement spatial et visuel de la contrée…
Un changement qui m’amène à raconter l’histoire de cet endroit où tous les champs de coquelicots, d’asperges et de vignes qui composaient le paysage du village ont été remplacés par des murs (du béton, du bitume et des feux rouges).
Nous partagerons ensemble l’histoire de ces habitants qui disent « qu’une maison en paille où l’on rit vaut mieux qu’un palais où l’on pleure ». Ils disent aussi « qu’un ami est une route, mais qu’un ennemi est un mur ». Ensemble nous allons parcourir les lieux sacrés et les personnages mythiques de la cité de Noisy, village de nos ancêtres les Gaulois.

Trois personnages mythiques vivaient au sec à Noisy : Noba, Gré et Jojo.

NOBA était un forgeron. Il facilitait la vie des agriculteurs en leur offrant toutes sortes d’outils. Il vivait non loin de la statue de Jeanne d’Arc (même pas peur !). La rue Jean Jaurès était anciennement appelée rue de la forge, en mémoire de Noba, alchimiste de renom ! Il était aussi connu pour sa générosité et son génie. La légende raconte qu’il avait fabriqué un outil capable de voir même dans les profondeurs de la terre. Ce qui lui permettait de repérer et d’extraire les minerais sans difficulté. Henri Moissan qui a reçu le prix Nobel de Chimie est un descendant de Noba.

GRÉ, quant à lui, s’occupait de la santé de toute la région. Il avait un remède miracle. C’était un marabout guérisseur qui soignait toutes sortes de maladies visible ou invisible d’ici ou d’ailleurs. Il habitait vers la place des Carouges. Il aimait à dire : « Une maladie non identifiée est comme une noix non cassée ». Son remède consistait à faire avaler une noix d’un coup sec au malade. Après une lutte acharnée, le malade sentait toute la trajectoire et les traces laissées par le corps étranger. Une fois amarrée au fond du ventre, la noix se cassait mystérieusement, extirpait la maladie qui ressortait aussitôt avec fracas à travers les issues de sortie choisies par le malade. À défaut, Gré faisait confiance au derrière de la personne pour une transition paisible et sans dommage collatéral. C’est de là que vient le célèbre proverbe africain : « celui qui avale une noix de coco, fait confiance à son derrière (anus) ».

JOJO organisait le commerce et l’agriculture de Noisy. Il était considéré comme le chef de terre. C’est lui qui mit en place le moulin commun du village de Noisy. Le moulin se trouvait vers la rue Merlan. À la nuit tombée, les femmes de Noisy avaient pour habitude d’aller au moulin après les travaux champêtres. Un soir de novembre, il y eut une impressionnante tempête. Un vent violent se leva. Il était impossible de garder une bougie allumée. Les femmes se retrouvèrent dans le noir dans le moulin, les jupons à l’envers et la farine éparpillée. Elles se mirent à crier au secours pour interpeller leurs maris. Sauf une vieille criait« ouhouh, à mon âge, il n’y a plus que le vent qui soulève ma jupe ! ». Les hommes qui étaient au bistrot entendirent les cris de leurs femmes. Ils durent finir leur verre cul sec pour aller leur porter secours. Noba, Gré et Jojo arrêtèrent leurs activités. Tous se précipitèrent au moulin. Dans ce tohu-bohu, un homme, Monsieur Fondu, qui avait certainement abusé du vin de noix, prit le meunier pour sa femme et l’embrassa goulûment.

Après que le vent se soit calmé, les bougies fondues furent rallumées. On entendit le meunier gueuler : « Mais Fondu ! T’es con, tu m’as confondu ! » Tout le monde éclata de rire. Cette situation comique provoqua une polémique. Tout le monde se moquait du pauvre Fondu et dès qu’il passait il entendait : « c’est le con Fondu qui a confondu ! ». Suite à cette histoire qui les a tant fait rire. Les habitants appelèrent communément le moulin, lieu des confusions, « le Moulin du con fondu » qui finit par devenir le Moulin Fondu pour n’est pas dire Con-Fondu. Quelques dignitaires et certains entrepreneurs de la cité de Noisy sont des descendants de Jojo.

(Chant Nos ancêtres les Gaulois)

À cette époque de véritable cohésion sociale, on disait « que la porte la mieux fermée est celle qu’on peut laisser ouverte ». Noisy était le centre de la culture et des ressources de tous les villages environnants. Les ouvriers affluaient de partout pour travailler ici.
Les commerçants de Bobigny, de Bondy, en passant par Montreuil, Romainville, de Rosny-sous-Bois, et des quatre coins du pays achetaient les produits pour les revendre aux halles.
Les habitants étaient accueillants et très généreux. La vie était belle.
Cependant, on constata une occupation et une exploitation sans précédent des terres. Le désordre se fit sentir.
Comme disent les Gaulois« Lorsque le couscous étrangle un enfant on dit que celui-ci mange mal, lorsqu’il étrangle un vieillard on dit que la femme qui l’a cuit n’y a pas mis assez d’eau »
Les trois piliers (Noba, Gré et Jojo) du village s’inquiétèrent et se mirent à réfléchir… C’est de là qu’est venu ce fameux dicton : « Il n’est pas bête d’être bon mais il est bête de croire que celui qui est bon est bête. Dans la vie, il faut être bon une fois, car si tu es bon deux fois tu deviens bonbon, et n’importe qui peut te sucer ».
L’exploitation abusive des terres finit par appauvrir le sol. Les problèmes s’installèrent. Les terres arables devinrent de plus en plus arides. Les maladies frappèrent la vigne. Ce jour-là il avait plu. Toute la ville était noyée. NOBA, GRÉ et JOJO convoquèrent les habitants à palabrer sous le Grand Noyer, le seul lieu demeuré sec dans tout Noisy.
D’interminables discussions eurent lieu, car l’avenir de Noisy était en jeu. Des décisions furent prises. Les terres cultivables de Noisy se convertirent en cultures d’asperges, de blé, de thym et de coquelicots, qui colorèrent et donnèrent un nouveau visage au village.

Ailleurs on dit : « arbre à palabres », ici : « noyer à palabres ». Cet endroit est aujourd’hui baptisé le rond-point du noyer. Vous pouvez toujours le visiter bien que ce soit un espace sacré…

(Chant Nos ancêtres les Gaulois)

Les rencontres se multiplièrent sous le grand noyer. C’est ainsi que Noba, Gré et Jojo unirent leur pouvoir mystique et mirent au travail. Ils découvrirent un ruisseau souterrain appelé la Duis. La Duis alimenta le village en eau pendant des années.
Léon, arrière-petit-fils de Gré, professeur en pharmacie qui habitait vers la salle de ciné, a enseigné à Louis Jouvet. C’était l’époque où le grand comédien vivait à Noisy. Quelques anciens ici s’en souviennent.
Léon a poursuivi l’œuvre de ses ancêtres, il a offert aux habitants une fontaine qui prend sa source depuis la Duis. D’ailleurs, si vous allez place des Carouges, vous pouvez vous baigner dans cette fontaine sacrée.
Et ceux qui s’y sont baignés connaissent le secret : « l’équilibre de ce village repose sur trois noix, telle une marmite sur trois pierres ».
1ere pierre : L’enseignement, d’où sort le savoir.
2eme pierre : La forge, d’où émanent la science et l’agriculture.
3eme pierre : Le troc, qui donne naissance au commerce.
Voilà pourquoi le blason du village de NOISY-LE-SEC est composé de trois noix en mémoire des trois personnages mythiques dont Walèmbéogo et moi venons de vous retracer les exploits.

(Chant Nos ancêtres les Gaulois)
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Avec nos remerciements tous particuliers à M. Lucien Jacquin et M. Pierre Bouygues pour leur précieuse collaboration

jeudi 22 octobre 2015


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